Equipement d'été

Equipement d'été

Écrit par Klaus

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Avec l’arrivée des beaux jours et des températures plus clémentes, il devient tentant d’abandonner les vêtements protecteurs que l’on supportait facilement en hiver. Il est pourtant indispensable de toujours porter un équipement adapté, voire par très forte chaleur, de se prémunir contre l’hyperthermie par quelques précautions de base.

Premier point, la moto.

Les motos de grand tourisme en particulier ont plus de mal à se refroidir que le reste de l’année. Engoncé dans son carénage intégral, le moteur chauffe plus que d’habitude. Il faut garder un œil sur le témoin de température d’huile et/ou de température moteur, penser à vérifier le niveau et l’ancienneté du liquide de refroidissement, ainsi que les connexions du ventilateur. Dans le cas de moteurs à refroidissement par air et huile, ne pas hésiter à couper le moteur lors des arrêts (feux rouges, bouchons) si la jauge de température monte en zone rouge.

Sur certaines motos carénées, les remontées de chaleur du moteur peuvent être incommodantes, voire dangereuses, spécialement lors de la conduite en ville à basse vitesse. Certains modèles sont connus pour brûler les jambes du pilote, à moins de porter un pantalon de cuir qui isolera (en partie) de la chaleur. Des noms ? Yamaha FJR 1300 avant le modèle 2006, Triumph Sprint 1050 ST…
De la même façon, les pots sous la selle de certaines motos sportives, mal isolés, peuvent cuire le fondement du pilote, mais surtout de sa passagère.

Côté conduite, pas de souci pour l’adhérence, les pneus chauffent vite, mais attention au goudron qui peut fondre par endroits et provoquer des glissades. Toute plaque noire sur le bitume doit éveiller l’attention. Apprenez à lire la route: si des traces de sculptures de pneus sont visibles sur le revêtement, c’est que le goudron a ramolli à cet endroit, donc qu’il peut fondre.

C’est souvent à l’arrêt que l’on ressent le plus fort la chaleur. Veillez à vous arrêter à l’ombre le plus souvent possible. Et quand vous vous stationnez, soyez attentif à mettre au moins la selle dans une zone ombragée, cela vous évitera de vous cuire les fesses au moment du redémarrage.

Deuxième point, l’équipement motard.

Par forte chaleur, la tentation est grande de sortir en t-shirt et en tongues, ou plus simplement de se passer de blouson. A moins d’être totalement dénué de cervelle, vous devez vous douter que ce n’est pas une bonne idée. L’exigence de sécurité ne diminue pas entre l’hiver et l’été.
Il existe aujourd’hui des équipements étudiés pour laisser passer l’air et garder le pilote au frais, tout en assurant sa protection avec des renforts (épaules, coudes, dorsale, genoux, hanches) homologués CE.

Dans tous les cas, choisir une couleur claire permet de limiter l’accumulation de chaleur. A mon sens, il est absurde de proposer une veste d’été de couleur noire… Mais le blanc restant extrêmement salissant, mieux vaut prendre du gris, du beige, du rouge, du bleu… Un vêtement clair devra être régulièrement lavé, alors vérifiez sur l’étiquette qu’il passe bien au lave-linge, sous peine de devoir le faire à la main.


Le blouson ou la veste

Une veste en textile résistant (denim) peut suffire à la rigueur en ville, mais des trajets plus longs nécessitent une protection plus consistante. La plupart des blousons d’hiver ou de mi-saison disposent d’une doublure thermique amovible, qu’il est possible de retirer lorsque les beaux jours arrivent. A condition bien sûr que la doublure de la membrane externe soit un minimum respirante et ne colle pas à la peau en cas de forte transpiration. Sur bien des blousons d’entrée de gamme, la doublure est en nylon et vous fait mariner dans votre jus dès qu’on passe les 20 degrés.
Tant que les températures demeurent en dessous de 25 à 30 degrés, cela suffit. Au-delà, il faut penser à d’autres modèles, spécifiquement destinés à la pratique de la moto par forte chaleur.

Cuir ou textile, ils sont dotés de zones en tissu perforé (dit « mesh », maille en anglais), ventilées, respirantes aux endroits exposés au vent relatif: la poitrine, les bras, le dos… Pour les plus performants, comme les vêtements BMW AirFlow ou VentingMachine, l’effet rafraîchissant se fait sentir même à basse vitesse (mais pas à l’arrêt). Autre système, des tirettes ouvrables et fermables à volonté, ou des zones découvrables par boutons pression selon les besoins.
Afin de limiter l’absorption de chaleur, certaines fibres modernes sont enduites d’un traitement réfléchissant afin de réverbérer les rayons du soleil.

Pour repérer un bon blouson aéré, pensez à vérifier les voies d’extraction d’air à l’arrière. Si l’air qui entre par l’avant n’est pas évacué, vous allez ressembler à un bibendum gonflé d’air.

Vérifiez aussi la qualité de la doublure car vous allez porter ce blouson sur un t-shirt, donc à même la peau sur les bras : il faut qu’il soit agréable à porter sur longues distances.

N’oubliez pas la dorsale !
De plus en plus de vêtements de moto, et même de scooter, intègrent une protection de la colonne vertébrale. Si votre veste ou votre blouson n’en est pas équipé, il est conseillé de porter un modèle indépendant, homologué CE 1621-2, en plastique rigide articulé ou en mousse très dense, même si ça tient chaud.

Les blousons aérés sont un vrai bonheur sous le cagnard, mais peuvent se transformer en glacière dès que celui-ci disparaît. Prévoyez toujours une sous-veste ou une surveste de pluie à enfiler rapidement en cas d’orage soudain.
Une sous-veste en coton polyester (veste de randonnée Quechua Forclaz 50, vendue 11 euros chez Décathlon, ou gilet Forclaz 200 à 15 euros) ou en fibre polaire fine (type Novadry, comme pour la veste Quechua Forclaz 700 à 80 euros ou le gilet à 50 euros) s’avère bien utile pour ne pas frissonner au petit matin, lors des arrivées de nuit, ou en cas de « coup de frais » imprévu, en montagne par exemple.

Les équipements d’été haut de gamme comprennent parfois une sous-veste thermique et une surveste de pluie, mais le font payer au prix fort.

Les gants

Une paire de gants d’été se reconnaît aux perforations sur les doigts et le dos de la main. Sur d’autres, des conduits sont aménagés dans les protections en plastique (simili-carbone) situées au-dessus des articulations. Mais du fait de sa faible résistance à l’abrasion, la maille aérée ne doit jamais se trouver à des endroits exposées en cas de chute.
Contrairement à son homologue hivernal, un gant d’été se choisit ajusté à chaque doigt. Fuyez les modèles mal taillés (index trop long, majeur trop court) et préférez parfois prendre une taille en-dessous de celle de vos gants d’hiver.

Le gant doit couvrir toute la main du mieux possible, voire comporter des protections sur la tête du poignet, la base de la paume, la tranche de la main et les articulations.
On ne transige pas avec le serrage du poignet. Une fois ajusté, retirer le gant doit être impossible. Comme un casque, un gant n’est d’aucune utilité s’il se détache lors d’une chute.
Les coques rigides en carbone sur les phalanges, issues des circuits, sont parfaites pour absorber un choc et résister à l’abrasion. Mais ce n’est pas le dessus de la main qui touche en premier lors d’une chute, c’est la paume. Assurez-vous par ailleurs que ces coques ne nuisent pas à la souplesse de mouvement de vos phalanges.

Les rivets métalliques présents sur la paume de certains gants sont censés favoriser la glisse et limiter l’abrasion du gant lui-même. Assurez-vous que l’envers de ces rivets soit séparé de la peau par une doublure ignifugée ou un empiècement de cuir. Dans le cas contraire, leur échauffement lié au frottement contre le bitume vous brûlerait la main.

A savoir: certains modèles de gants d’été, par définition non doublés, déteignent sur les mains en cas de pluie ou de forte transpiration. Rien de dramatique, mais prévoyez un passage au lavabo à l’étape. A l’inverse, évitez les gants de couleur très claire, la paume risque de se salir très vite.

Des coutures externes ou plates sont un gage de confort. En enfilant le gant, assurez-vous qu’aucune couture ne titille le bout des doigts sous peine de voir vos mains suppliciées au fil des kilomètres.

Les modèles à insert étanche ne sont pas indispensables. Même détrempée, une paire de gant sèche toujours très vite en été, sauf en montagne où il peut faire frais même en plein mois d’août.

Les bottes

Le port des bottes reste évidemment conseillé, pour les mêmes raisons de sécurité que le reste de l’année.
Mais plus besoin de doublure Gore-Tex (encore que l’orage d’été reste un danger), on privilégiera cette fois des modèles équipés soit de zones ventilées (là encore, les bottines BMW AirFlow offrent le meilleur refroidissement), soit de conduits d’aération amovibles sur le côté de la botte.

Autre choix possible, des bottines typées « baskets », aérées mais avec coques et protections aux articulations.

Le casque

Dans ce domaine, la couleur du casque ne joue aucun rôle car l’épaisseur du calotin isole le crâne de la chaleur ambiante.
Par contre, la couleur de l’écran joue. L’impression de chaleur ressentie sur la peau de notre visage est principalement due non pas à la chaleur de l’air en lui-même, mais aux rayons du soleil qui ne sont pas filtrés. Exactement de la même façon qu’il fait toujours plus chaud quand on se tient derrière une vitre face au soleil. Afin de limiter cet effet, il existe des films réfléchissants à apposer sur la face interne de l’écran du casque. Attention, ces films sont teintés et diminuent la visibilité. Ceux qui sont totalement opaques et traités façon « iridium » ne sont pas autorisés sur route, mais seulement sur circuit.

En cas de réelle canicule, la protection faciale offerte par un casque intégral peut devenir un handicap car la présence de la mentonnière, voire d’une bavette, empêche l’aération du visage. L’intégral pourra être délaissé pour un modèle « jet » plus léger, sans mentonnière afin de ventiler le visage. Un casque jet devra toutefois absolument être doté d’un écran couvrant tout le visage pour éviter de recevoir dans la figure, voire dans les yeux, poussières, insectes, gravillons, feuilles d’arbre, branchettes, particules de gasoil, mégot de cigarette, etc.

Une solution polyvalente consiste à choisir un casque modulable, à mentonnière relevable, que l’on pourra ouvrir en cas de coup de chaud. Rappel: les casques modulables sont homologués comme intégraux seulement en les portant avec la mentonnière fermée, il reste déconseillé de rouler casque ouvert, mais cela peut s’avérer salutaire de façon passagère à basse vitesse.

Dans tous les cas, le casque devra être homologué (étiquette blanche comportant la lettre E ou verte « NF ») et toujours bien attaché en ajustant parfaitement la jugulaire (garder l’espace de glisser deux doigts entre la jugulaire et la gorge). Depuis 2007, c’est une obligation légale.

Veiller à nettoyer régulièrement les aérations, où les insectes et moustiques ne manqueront pas de se loger.

Le pantalon

Le grand oublié de la tenue d’été…
Environ 80% des motard(e)s ne portent déjà pas de pantalon de protection tout au long de l’année. Parmi les rares qui mettent un pantalon de cuir, beaucoup le remisent en été car le cuir noir, non respirant, est insupportable par forte chaleur, surtout s’il n’est pas doublé par une membrane en coton.

Pourquoi alors ne pas investir dans un pantalon en textile résistant à l’abrasion et intégrant des protections aux genoux, voire aux tibias ? Sur ce créneau aussi, les équipementiers proposent de plus en plus des pantalons respirants, avec un matériau résistant (cuir ou cordura) aux endroits exposés (genoux, face externe des jambes) et un matériau ventilé sur les faces internes. D’autres sont équipés de tirettes sur les cuisses qui permettent de ventiler très efficacement.

Un bon pantalon d’été sera doté d’une doublure respirante qui évite à la peau humide de sueur de coller au cordura.

Les équipements spéciaux

Hormis les tenues ventilées, il existe depuis peu des équipements conçus pour rafraîchir le motard exposé à de fortes températures.
Tous fonctionnent sur le principe de l’évaporation, dite « à froid », de l’eau pour rafraîchir la peau : l’eau est stockée dans des fibres textiles et restituée par évaporation progressivement pour rééquilibrer la température du corps.

Deux technologies sont présentes sur le marché, l’une proposée par la société HyperKewl et reprise par BMW (pour son gilet Cool Down), l’autre par l’équipementier Macna.

Le site L’Equipement.fr a réalisé une évaluation complète du gilet Macna Dry Cooling, avec présentation et surtout un essai pratique.

J’utilise moi-même un gilet Macna Dry Cooling depuis 2014, acheté d’occasion à un copain motard breton (qui n’en avait guère l’utilité, allez savoir pourquoi) et j’en suis vraiment content. Utilisé par des températures vraiment élevées, au-delà de 35°C en France et même de 40°C en Afrique, il me permet de rouler avec un minimum de confort, surtout avec des vêtements bien ventilés. Moi qui supporte très mal la chaleur, je vois maintenant arriver l’été sans crainte de perdre deux litres de sueur par jour !

Autre équipement bien sympa par canicule, un « camel back » ou tout sac à dos contenant une poche à eau, ce qui permet abondamment sans avoir à s’arrêter. Inconvénient, cela suppose un bon entretien car des bactéries peuvent facilement se développer dans une poche à eau stockée humide. Il faut impérativement bien sécher la poche avant de la remiser et ne pas hésiter à y balancer un comprimé d’ions d’argent (purificateurs d’eau) de temps en temps.

Autre contrainte, la pipette qui permet de biberonner. Non seulement il faut la garder bien propre et stérile, mais en plus, elle ne fait pas toujours bon ménage avec certains casques dont la mentonnière arrive près du menton, surtout si vous avez en plus le micro d’un intercom devant la bouche…

Du coup, je préfère pour ma part prendre une bouteille ou une gourde, avec un casque modulable dont je relève la mentonnière pour boire.
De plus, une bouteille placée dans un sachet plastique hermétique avec des glaçons, le tout dans la sacoche de réservoir, garde l’eau au frais bien plus longtemps qu’un camelback exposé au soleil dans votre dos.

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